5 Février 2009

«L’élève apprend mieux lorsqu’on le fait plancher sur ce qu’apprendre veut dire ». André Giordan, Apprendre, Page 184.

Lemoigne : Interaction et déterminisme

interaction1

Philippe Bernoux, dans son ouvrage “Sociologie du changement”, p70 et 71, (Seuil, 2004) évoque le fonctionnalisme de Lemoigne et nous offre la principale critique qui lui est faite : “il met en jeu un déterminisme des fonctions à travers leur utilité, déterminisme qui empêche de penser la situation d’absence d’intercations, voire de conflits, entre ces éléments.

Or, dit Bernoux, “il est des situations où l’interdépendance n’entraîne pas l’interaction, que ce sont ces situations qui sont la cause des plus grands dysfonctionnements et que ce sont elles qu’il convient en priorité d’observer.”

“Contrairement au point du vue fonctionnaliste, l’organisation ne se comporte jamais comme un organisme humain, elle est à travers ses dirigeants, capable d’actions autonome. Le fonctionnalisme ne permet pas d’analyser le sens que ses membres donnent à leur action puisque celle-ci par définition s’ajuste quasiment nécessairement”.

Page 72, Bernoux poursuit : “Le raisonnement consistant donc à traiter les organisations comme des organismes vivants est inapplicable car celles -ci sont composées d’acteurs dont les logiques sont différentes, qui s’affrontent sur les décisions à prendre”.

Pages 92 à 96, Bernoux poursuit la controverse, mais cette fois-ci, il montre les limites des théories de Mintzberg. “Cette absence de stratégie vient du postulat fonctionnaliste de l’autorégulation du système qui est sous-jacent à l’approche de Mintzberg. [...] Il y a un certain déterminsime dans la pensée, l’apparition des configurations étant présentée comme une adaptation à l’environnement, concept pris à la paléontologie et à la survie des espèces animales”